Le fondateur de Babyloan à Dauphine (2018)

DMF a invité Arnaud Poissonnier le 22 janvier 2018 pour qu’il nous parle de son beau projet et de sa réalisation. Le fondateur du premier Institut de Microfinance européen et du deuxième mondial, Babyloan, était bien installé dans sa vie de banquier de fortune, lorsqu’il s’est passionné pour la finance solidaire en 2008 !

Babyloan est né lors d’un voyage au Tadjikistan trois en plus tôt. Arnaud Poissonnier fait la rencontre d’une micro-entrepreneure qui a reçu un microcrédit. Cette rencontre le conforte dans l’idée qu’une autre finance est possible. Il quitte alors le monde de la banque traditionnelle pour la « finance du sourire » où l’humain est au cœur des préoccupations. Dans le monde, 89% des personnes n’ont pas accès au crédit ! A travers Babyloan, Arnaud souhaite aider le plus grand nombre de micro-entrepreneurs à développer leur propre activité de subsistance. Il va alors s’inspirer d’un nouveau type d’Institut de Microfinance qui a émergé à San Francisco, aux États-Unis. Il s’agit de la plateforme de crowdfunding, Kiva, aujourd’hui la première mondiale.

Babyloan est donc, sur le modèle de Kiva, une plateforme de crowdfunding qui permet aux internautes de prêter à partir de 10€ à des micro-entrepreneurs à travers le monde. C’est la 1ère plateforme européenne de microcrédit solidaire. Les internautes choisissent le ou les projet(s) qu’ils souhaitent soutenir. Ils peuvent sélectionner un projet solidaire selon des critères qui leur tiennent à cœur, comme la zone géographique (Amérique, Afrique, Europe ou Asie), le secteur d’activité (Agriculture, Alimentation, Artisanat, Commerce ou Services), le genre (soutenir l’entrepreneuriat féminin ou masculin).

Les prêteurs déterminent ensuite le montant de leur prêt solidaire. Sur Babyloan, le montant des projets se situe entre 30 et 10 000€. Par la suite, le prêteur recevra tous les mois les remboursements de son prêt solidaire. La durée de remboursement du prêt dépend de la maturité du projet solidaire soutenu. Sur cette plateforme de financement participatif, la maturité des prêts est entre 2 et 36 mois, avec une moyenne de 10 mois.

 

The Rise (2017)

The Rise c’est l’évènement de l’année à DMF ! Prêts, compétition, financement, campagne de levée de fonds, toute l’asso est mobilisée !

Les 29 & 30 novembre 2017, 3311 étudiants de 53 campus différents (dont  l’EDHEC, l’EM Lyon, l’ESCP, Paris Dauphine ou en encore GEM) ont permis à Babyloan de récupérer 293 418€ pour venir en aide à des micro-entrepreneurs du monde entiers. Toute l’équipe de DMF s’est relayée pour tenir un stand dans le hall de l’université, et motiver un maximum d’étudiants à prêter pour les projets qu’on avait sélectionné en amont.

Voici quelques exemples de projets financés par des dauphinois cette année :
– L’épicerie et les pots recyclés de Maria (Nicaragua) – 730€ – 7 mois
– Les taureaux de Marcelino (Pérou) – 1080€ – 12 mois
– L’épicerie de Minerva (Nicaragua) – 550€ – 6 mois
– Le bétail de Fabio (Pérou) – 1300€ – 12 mois
– Les bovins d’Isidro (Pérou) – 1310€ – 12 mois
– Les pommes de terre de Jesùs (Pérou) – 1050€ – 8 mois
– L’épicerie de Deira (Honduras) – 1100€ – 9 mois
– Les vaches de Juana (Équateur) – 1050€ – 10 mois
– Les pommes de terre de Luciano (Pérou) – 1310€ – 12 mois
– L’avoine de José (790€) – 6 mois
– Les vêtements de Julia (Honduras) – 1100€ – 10 mois
– Les vaches laitières de Vidal (Pérou) – 1330€ – 12 mois
– Le bétail de Thông (Vietnam) – 1120€ – 9 mois

Finalement, c’est 195 prêteurs qui nous ont permis de financer 17 090€ de projets à travers le monde. Et nous sommes très fiers de voir que la solidarité des dauphinois se révèlent un peu plus chaque année. Nous avons participé à The Rise pour la première fois en 2013, avec 3 990€ prêtés, et avons depuis largement dépassé nos objectifs.
Les chiffres de The rise – 2017 
 

La finance durable

ARTICLE RÉDIGÉ PAR CHARLES-THIERRY LACAUSSADE (RESPONSABLE DU PÔLE CONFÉRENCE CHEZ DMF)

Nous retrouvons dans la finance durable l’Investissement Socialement Durable (ISR), la finance solidaire (micro-crédit, micro-assurance) et plus généralement l’investissement responsable. Celle-ci semble devenir attractive pour deux raisons principales : la pression des gouvernements et la nécessité d’investir dans des marchés pérennes pour garantir un profit de long terme. De surcroît, l’émergence des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) crée une forte émulation dans la sphère de la recherche. En effet, ces nouveaux critères forment un nouveau prisme d’information à partir duquel les agents déploient leurs mécanismes décisionnels).

La prise de décision dans le cas d’un investissement comme un portefeuille d’actifs revient caricaturalement à choisir un couple risque/revenu, c’est à dire un risque à supporter et une prime de risque recherchée (en fonction de la classe d’actifs choisie). En considérant le risque à supporter (diversifiable et agrégé) ainsi que la prime de risque à attendre en fonction des classes, l’agent doit alors construire son portefeuille en fonction des critères qui constituent le « process ». Celui-ci doit d’ailleurs être détaillé dans ce qu’on appelle « prospectus » pour être présenté aux éventuels clients et surtout être validé par les autorités de régulation. Le portefeuille peut alors avoir différents objectifs de rendement. Soit il doit égaler le rendement moyen du marché soit il doit battre un indice de référence. Cependant, aujourd’hui se pose la question de la pérennité du secteur dans lequel on investit à un horizon de moyen terme. Le secteur des énergies fossiles risque de s’éteindre là où celui des énergies durables par définition se veut renouvelable. C’est notamment dans cet arbitrage qu’interviennent les normes ESG. Celles-ci tentent de mettre en lumière de nouvelles dimensions aussi bien qualitatives que quantitatives de l’investissement en question en adoptant une typologie similaire à celle utiliser par l’ONU pour déclarer ses dix-sept objectifs de développement durable pour mettre fin à la pauvreté d’ici 2030 ainsi que celle utiliser dans les Accords de Paris pour lutter contre le réchauffement climatique.

L’approche du risque classique en finance peut se résumer à celle de l’analyse de Markowitz datant de la fin des années 1950. Celui-ci a mis en évidence la diversification efficiente mais surtout a mis en exergue le potentiel de la méthode visant à exploiter les covariances des corrélations. On modélise alors le rendement du portefeuille par une variable aléatoire dont l’espérance est le rendement espéré et l’écart-type donne une idée de sa volatilité. Le couple rendement/risque est donc bien central dans l’arbitrage prenant en compte le rendement moyen et  le rendement anticipé (bien entendu la potentielle aversion au risque intervient ici, il faut remarquer que ce terme peut aussi contenir la pression de la régulation qui rend la prudence obligatoire). Pour mesurer cette aversion au risque, on la modélise par une fonction objective: avec un critère espérance/variance et un gamma qui traduit  les préférences. Cela est d’ailleurs assez représentatif de la réalité. En effet, les normes Market In Financial Directive (Mifid) obligent les gestionnaires d’actifs de demander à leurs clients où il se situent dans une grille d’analyse comportementale devant décider du mode de gestion. Il existe une multitude de profils qui présentent des caractéristiques précises dans la gestion du risque. On peut citer le profil Prudent, le Conservateur, l’Agressif, le Medium ou encore le Complexe. Cette modélisation du risque conduit alors à construire un équivalent certain de cet actif: s’en suit le calcul de rendement en fonction de l’appétence au risque (le gamma).

Du reste, il y a différentes contraintes que Markowitz ne considère pas dans son modèle. Par exemple, les brokers ne disposent pas de tous les titres, de surcroît ceux-ci réclament des commissions ce qui génèrent des coût de transaction. De plus, ce modèle ne prend pas en compte le cadre légal et notamment les nouveautés. Il faut aussi noter que tous les agents ne sont pas en mesure d’avoir des positions « short » (achat/vente à découvert). En revanche, lorsqu’on veut hedger un portefeuille, c’est à dire qu’on cherche à couvrir les titres par des contrats futurs (techniques de pondération pouvant se baser sur la maturité, la duration, la Price Value of Basis Point, les statistiques). Cet affinage du modèle Medaf (CAPM capital asset pricing model) permet ainsi de déterminer la rentabilité d’un portefeuille en fonction de son risque. In fine, la dissection et la compréhension des modèles utilisés par les agents tels que les gestionnaires d’actifs et les traders permet de comprendre les mécanismes décisionnels de ces agents. Ainsi, ces connaissances permettraient de créer des incitations en complément du cadre légal largement violé pour pouvoir éviter des déviances favorisant l’instabilité financière et plus largement l’instabilité économique. De ce fait, nous pourrions essayer de faire des conjectures sur ce qui pourrait pousser un agent à préférer un Investissement Socialement Responsable (ISR) plutôt qu’un produit plus rentable (en terme financier c’est à dire en terme de profits à court terme) mais aussi plus complexe et peut être plus risqué. Nous pourrions déduire d’un tel cadre théorique un système d’incitations et de désincitations qui aurait la potentialité de réduire les comportements et les décisions dangereuses pour les marchés financiers et l’économie réelle. Ces incitations pourraient ainsi reposer sur le système d’évaluation des actifs financiers qui devrait reposer sur les mêmes mécanismes que ceux des décisions des agents. Cependant, au-delà de ce cadre théorique, l’idée sous-jacente des agences gouvernementales est simple : mettre en valeur les normes ESG et leurs donner du poids dans l’analyse financière pour responsabiliser notre économie et la rendre davantage durable. En effet, donner du poids à ces critères dans la prise de décisions des agents financiers revient à mettre en avant l’investissement socialement responsable. Il s’agit d’ailleurs d’une des priorités du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il désire placer la France à la pointe de l’ISR en encourageant notamment des événements comme le BNP Paribas Sustainable Future Forum ou la semaine de la finance responsable.

Bien sûr, lorsque nous nous parlons d’Investissements Socialement Responsables, nous entendons toutes les stratégies d’investissement des agents qui font rentrer dans leurs calculs des problématiques sociales et/ou environnementales. La micro-finance s’inscrit dans cette dynamique et ne dépend pas directement d’agents institutionnels. Ainsi l’émergence de la micro-finance a notamment permis d’améliorer l’accès aux services financiers à des agents exclus de ce système et a donc crée de nouveaux actifs financiers. Néanmoins, la micro-finance s’est rapprochée de la finance traditionnelle à travers le processus de « commercialisation ». Ainsi les Instituts de Micro-Finance (IMF) sont passés d’un objectif non-lucratif à la recherche d’un profit minimum les transformant en banques de micro-finance. Ce changement a engendré le problème de la déviation de la mission sociale qui cible alors une autre population. Ce changement rend le cadre théorique économique déjà existant applicable et surtout assez efficace: on peut évoquer l’asymétrie d’information, des phénomènes d’anti-sélection ou même d’aléa moral. Le modèle de Copestake (2007), micro-économiquement fondé, retranscrit particulièrement bien le  caractère conflictuel des deux objectifs : performance financière qui semble inéluctablement s’opposer à la performance sociale. Il modélise assez bien l’arbitrage des agents grâce à des courbes d’indifférence qui sont formées par la combinaison de performance financière et de performance sociale offrant la même utilité pour l’IMF. Or à partir de ce projet, il s’agirait de réussir à modéliser l’ISR comme pouvant réconcilier la performance économique et sociale (notamment en désagrégeant ces dernières. Cette modélisation doit donc permettre une certaine évaluation des performances des actifs socialement responsables.

Cependant il nous reste à définir les « performances » attendues de l’ISR. En effet, si on se tient à la définition de la performance absolue, on ne prendrait en compte que la différence entre la valeur liquidative finale et le prix d’achat. De même, les autres méthodes d’évaluation habituelles d’actifs tel que le ratio de Sharpe (mesure de la prime de variabilité, qui intègre à la fois les rentabilités de l’actif dégagées en excès du taux sans risque et le risque de l’actif) ou l’Alpha de Jensen (mesure la super-performance par rapport à la performance attendue sous les hypothèses du Modèle d’Evaluation Des Actifs Financiers) ne permettraient pas d’évaluer les performances dites « extra-financiers ». Il faudrait donc essayer de construire et de légitimer des indices extra-financiers (ESG) se voulant: «environnementaux, sociaux et de gouvernance ». En effet, le principe des « low-powered incentives » montre que de moindres incitations financières peuvent décupler les motivations intrinsèques et finalement créer une certaine valeur ajoutée « morale ou éthique » inhérente aux produits socialement responsables. De surcroît, il pourrait être intéressant de montrer que le modèle MEDAF peut être problématique. En effet, classiquement ce modèle préconise une forte diversification des portefeuilles pour pallier la volatilité des actifs et ainsi diminuer le risque sous les hypothèses d’information parfaite (rentabilité, risque associé, corrélation avec les autres actifs). Or nous avons vu que la titrisation engendre un défaut d’information très important sur les sous-jacents des actifs. Certes les produits dérivés en général répondent au critère de diversification mais ne permettent pas de se limiter à un seul « risque de marché ».  Et justement, l’évaluation des actifs financiers ne parvient pas toujours à lever l’opacité de l’information : elle peut même au contraire conforter les agents économiques dans leurs évaluations basées sur des données lacunaires et/ou biaisées. Cette évaluation a été au cœur de la crise de 2007 : on pourrait à nouveau évoquer les agences de notation mais il peut aussi être important de souligner la place de la gestion et de la comptabilité. En effet, on retrouve naturellement des enjeux de taille autour de la norme IAS 39 (2001) et du principe de« juste valeur ». Cette norme pourrait être alors une sorte de catalyseur pour un choc financier qui pourrait alors contaminer l’économie réelle. L’évaluation des actifs financiers prend en compte les plus-values potentielles futures. Or en cas de moins values très importantes, les entreprises peuvent être très fortement ébranlées. La norme IFRS 9 devrait, selon les évaluations des économistes, moins exposer les entreprises en leurs permettant de mieux anticiper les événements de marché. Il peut être bon de rappeler ici que les normes IFRS favorisent les principes plutôt que les règles et qu’elles répondent à un cadre conceptuel (asymétrie d’information, théorie de l’agence). De ce fait, compléter ou affiner ce cadre conceptuel peut sembler nécessaire pour minorer les chocs financiers et éviter certaines crises économiques.

Ainsi, une autre évaluation des performances de l’ISR, et des actifs financiers en général est possible. Il s’agirait de tenir compte d’une part des profits réalisés et mais aussi des externalités  positives ou négatives dans la sphère réelle. Dès lors que le sous-jacent est un micro-crédit, le produit de micro-finance influence la sphère sociale de façon directe. Il est certain, que ce genre de crédit peut permettre d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages y ayant recours. A long terme, on pourrait estimer qu’à une échelle régionale, le microcrédit peut être un catalyseur de croissance ainsi qu’un vecteur d’émancipation de la femme. Néanmoins, ces résultats prometteurs sont bien entendu à relativiser : il faut se demander si cela est vraiment viable long terme, si on retrouve de réelles externalités positives locales voire globales. De surcroît, pour parvenir à un taux de non remboursement le plus bas possible, les IMF doivent prendre en compte l’aléa moral potentiel en appliquant un filtre, en interprétant les signaux. Ainsi une certaine tranche de la population n’a toujours accès à aucun produit financier. De même, il pourrait être nécessaire de vérifier que l’utilisation de micro-crédit n’est pas vectrice d’exclusion par rapport à d’éventuels communauté (le micro-crédit contrarie le principe de self-help, de perte de lien social et de stigmatisation. En somme, l’évaluation est très complexe. En effet, les actifs socialement responsables dégagent une sorte d’incertitude quant à leurs performances sociales. En revanche, réussir à évaluer la valeur ajoutée des investissements socialement responsables grâce à une méthodologie consensuelle et globale serait un moyen d’inciter davantage les agents économiques. Cette méthodologie ne pourra évidemment pas être parfaite mais devrait prendre en compte un maximum de facteurs notamment extra-financiers. Certains instituts comme  Al Amana au Maroc, Spandana en Inde ou Compartamos permettent d’ailleurs à des chercheurs d’évaluer leurs expérimentations directement et d’influer sur celles-ci en donnant leur méthodologie. Ce genre d’ouverture permet donc une forte transparence facilitant l’évaluation objective des performances des micro-crédits et des comportements des agents économiques.

Bibliographie :
Landier A. et Nair V., “Investissement Socialement Responsable: une Approche Efficace et Rentable”, En Temps Réel, n. 34, Juin 2008

Zaouati P., « Investir ‘responsable’ : en quête de nouvelles valeurs pour la finance »,  ed. Lignes de Repères, Septembre 2009

La microfinance

La microfinance regroupe un ensemble de produits financiers destinés aux populations à faibles revenus exclues du système bancaire classique. Les populations concernées vivent majoritairement dans des pays en développement, et sont bien souvent des femmes. Parmi les différents produits financiers (micro-assurance, épargne, transfert d’argent…) que recouvre la microfinance, le plus connu est le microcrédit. Il est apparu dans les années 1970 sous l’impulsion de Muhammad Yunus, un économiste indien prix Nobel de la paix en 2006 pour la création la Grameen Bank (la banque des pauvres) dont l’activité principale est le microcrédit.

QU’EST CE QU’UN MICROCRÉDIT ?

Un microcrédit est un prêt de faible montant accordé à un individu disposant de peu de ressources, et n’ayant donc pas accès au système bancaire traditionnel. Ce prêt lui permettra de concrétiser son projet de microentreprise ou de développer son activité, génératrice de revenus. Les microcrédits sont octroyés par des organismes appelés Instituts de Microfinance (IMF). Les IMF adaptent leurs offres aux besoins de leurs clients en proposant différents types de crédits, avec des conditions différentes pour chaque individu. La méthodologie du microcrédit diffère du crédit bancaire classique : elle s’appuie davantage sur le profil du client et le potentiel de son projet entrepreneurial que sur ses actifs et ses garanties en cas de non remboursement.
 Le microcrédit peut consister en un prêt individuel ou en un prêt de groupe lorsque des clients forment eux-mêmes un groupe solidaire dans lequel les membres se portent garants les uns des autres. Cet engrenage repose sur des taux d’intérêt élevés.

POURQUOI LA MICROFINANCE PRATIQUE-T-ELLE DES TAUX D’INTÉRÊT PLUS ÉLEVÉS QUE LA MOYENNE ?

Dans le monde, le taux d’intérêt moyen d’un micro-crédit est de 28% par an. Bien plus élevé que les taux d’intérêts traditionnels, ces taux s’expliquent par les coûts que représente un microcrédit par l’accompagnement du microentrepreneur dans son activité mais également par le risque élevé d’impayés. À l’inverse d’un crédit bancaire, les faibles montants prêtés ne permettent pas la réalisation d’économie d’échelle. Les IMFs offrent donc un service basé sur la proximité. Habituellement, c’est l’agent qui se déplace vers le client, entrainant des coûts importants pour l’IMF qui d’ailleurs sont souvent à but non lucratif et doivent se financer auprès des banques traditionnelles ou d’organismes internationaux.

QUELS SONT cES EFFETS SUR LE DÉVELOPPEMENT ?

La microfinance favorise le développement en donnant accès aux populations en difficulté à des services financiers. Concrètement, le microcrédit a pour objectif l’augmentation du revenu des bénéficiaires par le développement de leur activité et ainsi l’amélioration durable de leurs conditions de vie. Il permet également l’émancipation des femmes, qui représentent la majeure partie des clients des IMF. Les femmes en tant que responsables de leur foyer et gestionnaires de l’argent dans celui-ci, se voient plus facilement encouragées à développer une activité entrepreneuriale et à demander un microcrédit.
La microfinance s’inscrit aujourd’hui dans la lignée des Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies (OMD).

The Rise (2016)

The Rise c’est l’évènement de l’année à DMF ! Prêts, compétition, financement, campagne de levée de fonds, toute l’asso est mobilisée !

Les 29 & 30 novembre 2016, toute l’équipe DMF s’est relayée pour tenir un stand dans le hall de l’université, et motiver un maximum d’étudiants à prêter pour les projets qu’on avait sélectionné en amont.
Parmi les projets choisis cette année, on retrouve notamment :
– L’épicerie de Nenih (Indonésie) – 270€ – 6 mois
– Les sacs de charbons de Haoua (Bénin) – 530€ – 10 mois
– L’épicerie de Lilis (Indonésie) – 280€ – 6 mois
– Le commerce de Frida (Indonésie) – 100€ – 12 mois (aïe)
– La farine de maïs de Claudine (Bénin) – 300€ – 10 mois
– Les récipients plastiques de Afoussatou (Bénin) – 300€ – 10 mois
– La vente de marchandises (Honduras) – 370€ – 10 mois
– La boutique de Yayah (Indonésie) – 210€ – 6 mois
– La viande de poule de Tina (Indonésie) – 120€ – 6 mois
– L’élevage de Plino (Pérou) – 800€ – 12 mois
– Le salon de coiffure de Rachelle (Bénin) – 760€ – 12 mois
– Le bétail de Richard (Pérou) – 820€ – 12 mois
– L’épicerie de Denise (Bénin) – 760€ – 12 mois
– La boutique de Ratna (Indonésie) – 180€ – 6 mois
– La friperie de Dulce (Honduras) – 410€ – 12 mois
– Le salon de coiffure d’Odile (Bénin) – 690€ – 12 mois
– Le stand d’Ahoba Jannette (Bénin) – 610€ – 12 mois
– La boutique de Lorena (Honduras) – 370€ – 10 mois
– Les produits de Kokom (Indonésie) – 110€ – 6 mois

Au final, c’est 130 prêteurs qui nous ont permis de financer 10 090€ de projets à travers le monde.
Exemple de projets financés en 2016 :

Les chiffres de 2016 :

Projection de « Microcrédit en 4L » (2017)

DMF a invité Matthieu Tordeur et Nicolas Auber en février 2017 pour une projection de leur film « Microcrédit en 4L » qui retrace l’histoire d’un tour du monde un peu spécial.

Nicolas et Matthieu étaient encore étudiant quand ils ont décidé de réunir 25 000€ qu’ils ont prêté à 150 microentrepreneurs. Ils se sont ensuite embarqués pour un voyage d’un an à bord d’une 4L de 1986, dans le but de rencontrer les hommes et le femmes qu’ils ont aidé à mener à bien leur projet.
Ce film est donc le récit d’un voyage fou sur les routes du monde (150 000 kms parcourus) pour soutenir et promouvoir l’entreprenariat par le microcrédit.

La projection s’est terminée autour d’un verre (de jus) dans le bar des étudiants de Dauphine, permettant ainsi à tous de discuter avec ces deux aventuriers, mais aussi de rencontrer l’équipe de DMF.